David Merino Quintana, cerveau présumé de FX Winning, a été arrêté à Dubaï le 1er juin 2026. Ce dispositif frauduleux est considéré comme le plus grand Ponzi crypto jamais instruit en Espagne : plus de 460 millions d’euros détournés, environ 15 000 investisseurs lésés dans une trentaine de pays.

En bref

FX Winning promettait des rendements élevés sur le forex et les cryptomonnaies, et rémunérait les premiers entrants avec l’argent des nouveaux. Merino avait quitté officiellement la direction en 2021 tout en continuant à piloter l’opération dans l’ombre. La DEA américaine enquête également sur le dossier, évoquant un volume total de 100 milliards de dollars tous marchés confondus.

Comment fonctionnait le schéma FX Winning ?

FX Winning promettait des rendements attractifs sur des placements en devises et en cryptomonnaies. Le mécanisme était celui d’un Ponzi classique : les gains versés aux premiers investisseurs provenaient des apports des suivants, sans activité de trading réelle ou suffisante. La plateforme opérait dans environ 30 pays, recrutant via des réseaux d’affiliation qui touchaient des commissions sur les nouveaux entrants.

Le régulateur espagnol CNMV avait pourtant tiré la sonnette d’alarme dès 2021, avertissant que FX Winning n’était pas autorisée à proposer des services d’investissement. Cet avertissement n’a pas empêché la machine de tourner encore plusieurs années, phénomène que l’on retrouve dans des affaires similaires comme BitConnect, dont l’effondrement en 2018 avait également été précédé d’alertes ignorées.

Pourquoi Dubaï était-il la base de Merino ?

L’arrestation à Dubaï n’est pas anodine. Les Émirats arabes unis sont devenus ces dernières années un hub pour les opérateurs crypto attirés par une fiscalité favorable et un cadre réglementaire longtemps perméable. Plusieurs affaires d’arnaques crypto impliquant Dubaï ont d’ailleurs conduit les autorités émiraties à durcir leur coopération judiciaire internationale.

Selon nos informations, l’Espagne dispose de 15 à 40 jours pour déposer une demande d’extradition formelle auprès des Émirats. Le processus dépend d’accords bilatéraux dont les délais peuvent varier. Merino avait officiellement quitté FX Winning en 2021 mais aurait continué à diriger l’opération en coulisse, compliquant potentiellement la qualification juridique des faits.

Dubaï avait pourtant annoncé vouloir se positionner comme place crypto sérieuse, notamment via sa Crypto Valley lancée en grande pompe. L’arrestation de Merino sur son sol illustre les tensions entre attractivité réglementaire et lutte contre la fraude.

Quelle est l’ampleur réelle du préjudice ?

Les chiffres varient selon les sources et l’angle d’enquête. Côté espagnol, le préjudice identifié dépasse 460 millions d’euros, avec une estimation de 15 000 victimes directes. La DEA américaine, qui conduit une enquête parallèle aux États-Unis et au Mexique, évoque quant à elle un volume de 100 milliards de dollars, un chiffre vraisemblablement calculé sur une base différente incluant les volumes de transactions transitées ou réinvesties.

Cette divergence de chiffres est courante dans les affaires de Ponzi multi-juridictionnels : chaque autorité comptabilise selon son périmètre. À titre de repère, BitConnect avait atteint une capitalisation de 2,6 milliards de dollars avant son effondrement, avec un préjudice réel estimé à plusieurs centaines de millions de dollars pour les victimes directes.

Les Ponzi crypto de grande envergure ont une caractéristique commune : ils prospèrent dans des zones de flou réglementaire et s’appuient sur des promoteurs locaux rémunérés à la commission. Un ex-promoteur de Bitconnect avait d’ailleurs été arrêté en Inde dans des circonstances proches, illustrant la portée internationale de ces schémas. La DeFi elle-même est parfois comparée à des schémas pyramidaux par certains analystes, même si le parallèle reste contesté.

À retenir

L’arrestation de David Merino à Dubaï marque une étape dans le démantèlement de FX Winning, mais la procédure d’extradition et les enquêtes parallèles aux États-Unis et au Mexique restent ouvertes. Les autorités espagnoles et la DEA devront coordonner leurs dossiers. À surveiller : la réponse des victimes, estimées entre 5 000 et 15 000 selon les sources, et les suites judiciaires en Espagne.

Sources

Signal Neutre
Impact Modéré
Nous ajouter à vos sources préférées sur Google