Les dépenses mensuelles effectuées via des cartes crypto ont franchi un nouveau sommet historique en juillet, atteignant 759 millions de dollars. Ce chiffre, selon Cointelegraph, représente plus du double du volume enregistré 12 mois plus tôt. Une accélération qui traduit l’adoption croissante de ces produits de paiement hybrides, portés par des partenariats avec Visa et Mastercard.

Au programme

  • Un volume mensuel record de 759 millions, en hausse de 104 % sur un an, qui reste pourtant modeste face aux 4 000 milliards de dollars mensuels du marché mondial des paiements par carte.
  • L’offre qui s’étoffe entre exchanges, stablecoins et premiers intégrateurs en self-custody, de Blockchain.com dont la carte Visa reste active en 2026 aux expérimentations comme Gnosis Pay.
  • Un cadre réglementaire en pleine évolution entre MiCA, DAC8 et les obligations déclaratives françaises via le formulaire 2086.

Lancées comme une passerelle entre les portefeuilles numériques et le réseau de paiement traditionnel, les cartes crypto deviennent un outil de dépense quotidien pour une base d’utilisateurs qui ne se limite plus aux early adopters. Ce record s’inscrit dans un environnement réglementaire en mutation, où l’Europe harmonise son cadre via MiCA depuis décembre 2024, à l’image des écosystèmes crypto-friendly qui attirent de plus en plus d’utilisateurs à l’international.

Comment expliquer ce doublement en un an ?

La trajectoire des cartes crypto suit une courbe d’adoption qui rappelle celle des écosystèmes crypto-friendly les plus dynamiques. Plusieurs facteurs se cumulent : la multiplication des émetteurs partenaires, la simplification des interfaces, et l’intégration native des stablecoins dans les circuits de paiement.

L’offre s’est considérablement étoffée. Blockchain.com a récemment relancé sa carte Visa en Europe, rejoignant une gamme où figurent déjà Crypto.com, Binance Card, Coinbase Card ou encore Bybit Card. Chaque acteur ajoute une couche d’incitation : cashback en crypto, staking rémunéré sur le compte associé, absence de frais de change : qui transforme la carte en produit d’appel. Le volume mensuel a progressé de +104 % sur 12 mois, une performance qui contraste avec la stagnation des néobanques traditionnelles sur la même période, et qui illustre le mouvement de fond décrit par Vitalik Buterin sur la nécessité de laisser l’écosystème mûrir.

Quels freins persistent malgré ce record ?

Le chiffre de 759 millions de dollars, bien qu’historique, reste modeste à l’échelle du marché mondial des paiements par carte (plus de 4 000 milliards par mois). La volatilité des cryptomonnaies natives freine encore l’usage spontané : dépenser du Bitcoin dont le cours varie de 5 % en 24 heures reste un obstacle psychologique pour une partie des utilisateurs. Les stablecoins adossés au dollar contournent ce problème, mais leur adoption comme moyen de paiement n’en est qu’à ses débuts en Europe.

Lecture CryptoActu La progression des cartes crypto illustre une tendance de fond : le paiement est le prochain champ de bataille après le trading et l’épargne. À 759 millions de dollars mensuels, le segment pèse encore peu face aux géants du secteur, mais sa croissance de 104 % annuelle signale une bascule. Les réseaux Visa et Mastercard, en ouvrant leurs rails aux émetteurs crypto, valident la demande sans prendre le risque régulatoire.

L’aspect fiscal constitue un autre point d’attention. En France, chaque transaction par carte déclenche un fait générateur de plus-value selon l’article 150 VH bis du CGI. La complexité déclarative : formulaire 2086 pour chaque cession : peut dissuader les utilisateurs les moins avertis, même si les plateformes commencent à automatiser le reporting via DAC8. Ce phénomène n’est pas propre à la France : l’Union européenne cherche d’ailleurs à parler d’une seule voix sur la taxation des cryptoactifs, tandis que le Japon a déjà adopté une fiscalité plus lisible pour les investisseurs.

Où se situe la prochaine étape de croissance ?

L’intégration des cartes crypto dans les wallets non-custodiaux constitue le prochain front. Jusqu’ici, les cartes sont majoritairement liées à des exchanges centralisés : un paradoxe pour un écosystème qui prône la self-custody. Des projets comme Gnosis Pay ou Ether.fi Cash explorent des modèles où l’utilisateur conserve le contrôle de ses clés tout en dépensant via le réseau Visa.

Les collectes de fonds crypto ont explosé depuis 2021, et une partie de ces capitaux alimente des startups positionnées sur la couche paiement. L’enjeu est de taille : capter une fraction des volumes carte mondiaux représenterait plusieurs milliards de dollars mensuels. Le seuil du milliard pourrait être franchi avant la fin 2026 si la trajectoire actuelle se maintient, une dynamique d’adoption qui n’est pas sans rappeler celle observée du côté des ETF crypto de BlackRock.

À retenir

Les cartes crypto ont atteint 759 millions de dollars de dépenses mensuelles en juillet, un doublement en un an. L’offre s’étoffe côté exchanges, tandis que Visa et Mastercard continuent d’ouvrir leurs réseaux. La prochaine impulsion viendra de l’intégration en self-custody et de la montée en puissance des stablecoins comme moyen de paiement courant.

Questions fréquentes

Quel est le volume record atteint par les cartes crypto en juillet ?

Les cartes crypto ont enregistré 759 millions de dollars de dépenses en juillet, un record absolu. Ce chiffre représente une hausse de 104 % par rapport au même mois de l’année précédente, selon les données rapportées par Cointelegraph.

Pourquoi les dépenses par carte crypto augmentent-elles aussi vite ?

L’augmentation repose sur trois facteurs : la multiplication des émetteurs comme Blockchain.com et Crypto.com, l’intégration des stablecoins qui éliminent la volatilité, et les incitations comme le cashback qui fidélisent les utilisateurs.

Quel est l’impact fiscal des paiements par carte crypto en France ?

Chaque transaction par carte crypto constitue un fait générateur de plus-value selon l’article 150 VH bis du CGI, imposé à la flat tax de 31,4 % et à déclarer via le formulaire 2086.

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