Lee Jae-won, PDG de la plateforme d’échange sud-coréenne Bithumb, a été officiellement mis en cause par la police de Séoul le 11 juin 2026 pour des faits présumés de corruption. L’affaire implique Kim Byung-kee, député indépendant de l’Assemblée nationale. C’est la première fois en Corée du Sud qu’un dirigeant en exercice d’un exchange crypto fait l’objet d’une telle mise en cause.
En bref
La police de Séoul enquête sur des embauches présumées favorisées par Bithumb en contrepartie de pressions législatives exercées contre Upbit, principal concurrent. L’affaire remonte à novembre 2024 et a donné lieu à 2 perquisitions au siège de l’exchange.
Comment l’affaire a-t-elle débuté ?
La police aurait obtenu la déposition d’un ancien collaborateur du député Kim Byung-kee. Selon cet élément d’enquête, en novembre 2024, le parlementaire aurait contacté Lee Jae-won pour lui demander d’embaucher son fils cadet. Le fils de Kim a intégré Bithumb 2 mois plus tard et y a travaillé pendant 6 mois. Kim aurait ensuite formulé une seconde demande, concernant l’un de ses propres assistants parlementaires, recruté par Bithumb en septembre 2025 et toujours en poste.
C’est l’Unité d’investigation des crimes publics de la police métropolitaine de Séoul qui pilote le dossier. Elle a procédé à une première perquisition au siège de Bithumb, situé dans le quartier de Gangnam, puis à une seconde le 8 juin 2026.
Quel lien avec la guerre entre Bithumb et Upbit ?
L’enquête ne se limite pas aux seules embauches. Les enquêteurs allèguent que Kim Byung-kee, membre de la Commission des affaires financières de l’Assemblée nationale, aurait mené des activités législatives ciblant Dunamu, la société opérant Upbit, principal rival de Bithumb sur le marché coréen.
Parmi les actions incriminées figure la mise en avant publique de la position dominante d’Upbit, un angle susceptible de nuire à l’exchange concurrent. Le calendrier est significatif : ces prises de position parlementaires auraient eu lieu dans la période où les demandes d’embauche étaient formulées.
Cette configuration place l’affaire dans un registre plus grave que le simple favoritisme à l’embauche. Elle suggère un échange de services entre un élu et un acteur du secteur crypto, dans un contexte de rivalité commerciale directe. L’enquête sur la relation entre Kim et Bithumb durait depuis plusieurs mois avant la mise en cause formelle du PDG, comme le rappelle la précédente intervention des forces de l’ordre chez Bithumb.
Quelles sont les implications pour le secteur crypto coréen ?
La Corée du Sud est l’un des marchés crypto les plus actifs d’Asie, avec Bithumb et Upbit concentrant la quasi-totalité des volumes domestiques. Une mise en cause du PDG de l’un des deux leaders est rare. Selon nos informations, c’est la première fois qu’un dirigeant en exercice d’un exchange crypto coréen est formellement placé en position de suspect pour des faits de corruption.
Le dossier intervient dans un climat de surveillance renforcée du secteur par les autorités coréennes. D’autres affaires d’enquêtes sur des marchés de prédiction et des exchanges avaient déjà illustré cette tendance, à l’image de l’ouverture d’une enquête contre Polymarket en Corée du Sud.
L’exchange Bithumb n’avait pas réagi publiquement au moment de la publication de cet article. La mise en cause d’un dirigeant à ce niveau pourrait peser sur la confiance des utilisateurs et la position commerciale de la plateforme face à Upbit, qui détient une part dominante du marché coréen.
Lecture CryptoActu L’affaire Bithumb illustre un risque systémique propre aux marchés émergents où la régulation crypto reste en construction : la proximité entre dirigeants d’exchanges et élus peut créer des zones grises. Ce type de dossier, associé à des perquisitions et une mise en cause formelle, donne aux régulateurs coréens un levier supplémentaire pour accélérer leur cadre de conformité. À surveiller : la réaction de l’AMF et des régulateurs EU sur les exigences de gouvernance imposées aux exchanges opérant sous MiCA.
À retenir
Le PDG de Bithumb, Lee Jae-won, est officiellement suspect de corruption dans une affaire qui mêle embauches présumées et pressions législatives contre Upbit. La police de Séoul a conduit 2 perquisitions. L’issue judiciaire du dossier, et son impact sur l’activité de l’exchange, restent à suivre dans les prochaines semaines.
Sources
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