BitGo a enregistré 3,77 milliards de dollars de revenus au premier trimestre 2026, soit une hausse de 112,6 % sur un an d’après les éléments à notre disposition. Paradoxe : la perte nette du custodian coté au NYSE s’est simultanément creusée à 60,7 millions de dollars. La croissance du chiffre d’affaires masque des tensions comptables et des charges exceptionnelles difficiles à ignorer.
En bref
Les revenus de BitGo ont plus que doublé grâce à la hausse du Bitcoin et à l’essor des services de custody institutionnel. Mais des pertes liées aux fluctuations du prix du BTC et à la rémunération en actions ont pesé lourd. Le directeur financier Ed Reginelli précise que les revenus sur dérivés paraissent plus faibles à cause des règles comptables, pas d’une baisse d’activité.
Pourquoi les revenus ont-ils explosé de 112,6 % ?
La croissance du chiffre d’affaires tient à 2 moteurs principaux identifiés dans le dépôt trimestriel. D’abord, la hausse du cours du Bitcoin entre début 2025 et début 2026 a mécaniquement gonflé la valeur des actifs sous custody, augmentant les frais proportionnels perçus. Ensuite, la demande institutionnelle pour des services de garde d’actifs numériques a continué de progresser, portée par l’essor des ETF Bitcoin spot aux États-Unis et l’intérêt croissant des fonds souverains et des trésoreries d’entreprise.
Ed Reginelli, le directeur financier de BitGo, précise par ailleurs :
« Les revenus sur dérivés semblent plus faibles en surface parce que les règles comptables les enregistrent différemment des revenus sur le trading spot. »
Ce point mérite attention : les chiffres publiés sous-représentent probablement l’activité réelle sur les produits dérivés, ce qui suggère que la performance opérationnelle est encore meilleure que les 3,77 milliards affichés.
Qu’est-ce qui explique la perte nette de 60,7 M$ ?
Malgré cette envolée des revenus, BitGo affiche une perte nette de 60,7 millions de dollars au T1 2026. Deux facteurs structurels expliquent ce paradoxe.
Le premier est la volatilité du Bitcoin. BitGo détient une partie de ses actifs en BTC, et les variations de prix entre l’acquisition et la clôture comptable génèrent des pertes ou des gains latents enregistrés dans le compte de résultat. Un trimestre avec une correction du cours, même modeste, peut effacer plusieurs dizaines de millions de dollars de marge opérationnelle.
Le second facteur est la rémunération en actions (stock-based compensation), une charge non monétaire mais comptabilisée comme une dépense réelle. Ce mécanisme, courant chez les entreprises technologiques cotées, amplifie mécaniquement les pertes nettes sans dégrader la trésorerie disponible. Pour les analystes, c’est une distinction importante.
| Indicateur | T1 2026 | Variation |
|---|---|---|
| Revenus totaux | 3,77 Md$ | +112,6 % sur un an |
| Perte nette | -60,7 M$ | Élargissement |
| Cours BTC (tendance) | Volatil | Variable |
Quel positionnement pour BitGo sur le marché du custody ?
BitGo se positionne comme l’un des acteurs de référence du custody institutionnel, un segment en forte croissance depuis l’approbation des ETF Bitcoin spot en janvier 2024. La cotation au NYSE renforce sa crédibilité auprès des fonds réglementés. Pour en savoir plus sur les acteurs qui bénéficient de cet afflux institutionnel, notre guide complet sur le staking et les revenus passifs crypto en 2026 détaille les mécaniques adjacentes.
Le modèle économique de BitGo repose sur des frais de custody calculés en pourcentage des actifs sous gestion. Cette structure signifie que chaque nouvelle hausse du Bitcoin amplifie directement le chiffre d’affaires, sans coûts marginaux importants. En miroir, une correction prolongée pourrait rapidement inverser la tendance.
Décryptage Les résultats de BitGo illustrent une tension propre aux custodians crypto cotés : leur chiffre d’affaires est indexé sur la hausse des actifs sous garde, mais leur compte de résultat absorbe aussi la volatilité de ces mêmes actifs en direct. Le profil rappelle celui de Coinbase lors de ses premières années post-IPO. La vraie question est de savoir si BitGo peut stabiliser ses coûts fixes (notamment la rémunération en actions) avant que le prochain cycle baissier ne frappe.
Et pour la France ?
BitGo opère en Europe via sa filiale réglementée et se soumet progressivement au cadre MiCA (règlement 2023/1114), dont la période de transition pour les prestataires de services sur crypto-actifs court jusqu’au 1er juillet 2026. Les investisseurs institutionnels français qui passent par un custodian comme BitGo doivent vérifier que celui-ci dispose d’un agrément CASP valide avant cette date. L’AMF maintient une liste publique des acteurs enregistrés consultable sur amf-france.org.
À retenir
BitGo double ses revenus à 3,77 milliards de dollars au T1 2026, porté par la hausse du Bitcoin et la demande institutionnelle. Mais la perte nette de 60,7 millions montre que la cotation en Bourse impose une discipline comptable sévère. Surveiller le prochain trimestre pour savoir si les charges exceptionnelles se résorbent.
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