En septembre 2020, le Bitcoin a été mis KO par la résistance des 12 000 $ à laquelle il se heurtait depuis plusieurs semaines. Le résultat a fait très mal ce week-end-là, avec un repli généralisé du marché de près de 20 % dans le meilleur des cas. Un scénario que certains analystes redoutaient de voir se prolonger, notamment à cause du GAP qui restait à combler. Avec le recul, cette chute n’était pourtant qu’une étape avant l’envolée historique des mois suivants.

Au programme : retour sur la correction de septembre 2020, ses causes probables, et ce que cet épisode révèle des cycles du Bitcoin jusqu’en 2026.

Il aura suffi d’un week-end pour voir le Bitcoin perdre plus de 2 000 $ et se retrouver sur la barre des 10 000 $. Une position que beaucoup espéraient ranger une bonne fois pour toutes dans les anecdotes du passé. Certains allaient jusqu’à dire que les derniers moments pour acquérir des BTC sous ce montant deviendraient des faits historiques. C’était sans compter sur sa capacité à ne jamais être là où on l’attend.

Cette correction, qui ressemblait davantage à une punition, était pourtant prévisible. Et rien ne disait alors qu’elle était terminée. Les scénarios les plus pessimistes voyaient le cours retourner visiter les bas-fonds du jeudi noir de la mi-mars. Mais mieux valait s’en tenir aux faits plutôt que de céder à la panique.

Le Bitcoin va-t-il encore baisser ?

Certaines données indiquaient que la chute du Bitcoin pouvait résulter d’une vente massive des réserves en BTC de grosses structures de minage. Une information relayée début septembre par la plateforme d’analyse on-chain CryptoQuant, graphiques à l’appui, au moment précis où le cours entamait sa descente.

Mais ces volumes ne représentaient pas des quantités jugées suffisantes par la communauté pour déclencher seuls une telle correction. Tout au plus pouvaient-ils en accompagner la chute. Les chiffres de Glassnode montraient d’ailleurs que peu de détenteurs de long terme avaient vendu sous les 11 200 $, signe d’une capitulation limitée.

Ce mouvement devait aussi être mis en relation avec une baisse des principales places boursières. Le NASDAQ et le S&P 500 avaient tous deux reculé d’environ 6 % sur la même période. Une corrélation qui poussait certains à envisager un nouveau crash comparable à celui de la mi-mars, lorsque le Bitcoin était repassé sous les 4 000 $. Sauf qu’en septembre, aucun signe ne venait contredire la thèse du bull market post-halving.

Le GAP des 9 500 $

Comme annoncé dans les analyses techniques publiées chaque mardi, le Bitcoin avait ouvert un GAP dans la zone des 9 500 $ environ. Le risque de le voir combler cette dernière dette ouverte avant de repartir constituait un scénario à retenir. Et il semblait bien être en train de se produire.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette chute ne remettait pas encore en cause le scénario haussier. Un GAP, sur les marchés, désigne un écart de prix laissé sans transactions entre deux séances. L’analyse technique considère souvent que ces zones finissent par être rebalayées. Le combler n’avait donc rien d’une fatalité baissière, mais plutôt d’un nettoyage avant la suite. Pour situer ces niveaux en euros, un convertisseur crypto reste l’outil le plus direct.

Ce qui s’est passé ensuite

Avec le recul, la correction de septembre 2020 n’était qu’une respiration. Le Bitcoin a clôturé le mois autour de 10 800 $, en repli d’environ 8 %, avant de repartir à l’assaut de ses sommets. Dès le mois d’octobre, la tendance s’est inversée, portée par l’arrivée d’acteurs institutionnels et par la rareté programmée du troisième halving intervenu en mai de la même année.

La suite a donné raison aux optimistes. Le Bitcoin a franchi son précédent record de 20 000 $ dès décembre 2020, puis a poursuivi sa course jusqu’à près de 64 000 $ au printemps 2021, avant un nouveau sommet vers 69 000 $ en novembre de la même année. Ceux qui avaient acheté sous les 10 000 $ pendant la panique de septembre tenaient bel et bien un point d’entrée historique, comme certains l’avaient pressenti.

Le Bitcoin en 2026

Six ans plus tard, le contexte n’a plus rien de comparable. Après l’hiver crypto de 2022, l’approbation des ETF Bitcoin au comptant aux États-Unis en janvier 2024 a rouvert les vannes des capitaux institutionnels. Le Bitcoin a franchi pour la première fois les 100 000 $ en décembre 2024, puis enchaîné les records historiques en 2025, jusqu’à un sommet supérieur à 125 000 $ atteint en octobre 2025.

Le schéma reste pourtant familier. À chaque cycle, des corrections brutales de 20 % ou plus viennent secouer le marché avant la reprise, exactement comme en septembre 2020. La volatilité demeure la signature du Bitcoin, qu’il évolue à 10 000 $ ou au-delà de 100 000 $. Les mécanismes décrits dans cet article (GAP à combler, ventes de mineurs, corrélation avec les actions, comportement des détenteurs de long terme) restent des grilles de lecture utiles pour décrypter les mouvements actuels.

Ce que cet épisode enseigne

La leçon principale tient en une phrase : confondre une correction de cycle avec un retournement de tendance coûte cher. Beaucoup ont vendu dans la panique de septembre 2020, juste avant l’une des plus fortes hausses de l’histoire du Bitcoin. Distinguer le bruit de court terme du signal de fond reste la compétence la plus précieuse en trading.

Pour suivre le climat du marché au quotidien, des outils comme l’indice Fear and Greed ou une heatmap des cryptomonnaies offrent une vue d’ensemble plus fiable qu’une réaction émotionnelle à une bougie rouge. Pour aller plus loin sur les fondamentaux de l’actif, la fiche tout savoir sur le Bitcoin détaille son fonctionnement, son offre limitée et ses cycles. Quant à la conservation des fonds sur la durée, un portefeuille matériel comme le Ledger Nano X reste une option à étudier face aux risques liés aux plateformes.

Sources

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