En juin 2021, les frais de transaction sur le réseau Bitcoin ont chuté de 88% en six semaines, depuis un pic de 63 dollars en avril jusqu’à environ 7 dollars par transaction (Bitinfocharts, 2021). Sur Ethereum, la baisse a été encore plus brutale : 90% en moins de deux semaines, depuis un sommet dépassant 70 dollars en mai jusqu’à moins de 4 dollars pour un transfert ERC20 rapide.

En bref

  • Les frais Bitcoin ont atteint un ATH de 63 dollars en avril 2021, avant de chuter de 88% en six semaines
  • Les frais Ethereum ont dépassé 70 dollars en mai 2021, puis ont baissé de 90% en deux semaines
  • Un swap sur Uniswap coûtait environ 10 dollars en juin 2021, contre plusieurs dizaines en mai
  • La congestion du réseau Ethereum restait proche de 99% malgré cette baisse des frais en gwei
  • Ces niveaux “bas” restaient supérieurs aux pics historiques du bull run de fin 2017
Baisse des frais de transaction BTC et ETH (avr-juin 2021) Graphique à barres comparant les frais moyens au pic (avril-mai 2021) et après la correction (juin 2021) pour Bitcoin et Ethereum. Frais de transaction : pic vs correction (2021) Bitcoin 63$ pic 7$ apres Ethereum 70$ pic 3,7$ apres Baisses : BTC : -88% ETH : -90% en 6 semaines

Pourquoi les frais Ethereum avaient-ils autant augmenté ?

Les frais sur Ethereum sont déterminés par le mécanisme de gas : chaque opération sur le réseau requiert une quantité de gas, dont le prix fluctue en fonction de la demande. Lorsque de nombreux utilisateurs tentent de faire valider leurs transactions simultanément, ils surenchérissent sur le prix du gas, ce qui fait monter les frais pour tous.

Le bull run de début 2021 a créé une congestion record. La DeFi, les NFT et les ICO ont contribué à saturer le réseau. La congestion atteignait environ 99% de capacité en mai 2021, selon les données d’Etherscan. Un simple transfert ERC20 pouvait coûter plus de 50 dollars, rendant de nombreuses interactions avec les protocoles DeFi non rentables pour les petits capitaux.

La correction brutale du marché en mai 2021, avec une baisse du Bitcoin de plus de 50% depuis son ATH, a significativement réduit l’activité on-chain. Moins de transactions en attente signifie moins de compétition pour les blocs, donc des frais qui s’effondrent rapidement.

La baisse des frais Bitcoin : meme cause, meme effet

Le réseau Bitcoin a suivi une trajectoire similaire, mais pour des raisons légèrement différentes. Bitcoin n’héberge pas de DeFi ni de NFT, mais son réseau Proof of Work souffre lui aussi d’une capacité limitée à environ 7 transactions par seconde. En période d’euphorie de marché, les frais explosent quand les utilisateurs veulent confirmer leurs transactions rapidement.

Depuis un ATH à 63 dollars en avril 2021, les frais Bitcoin sont tombés à environ 7 dollars en juin, soit une baisse de 88% en six semaines (Bitinfocharts, 2021). Ce niveau restait toutefois supérieur aux moyennes historiques pre-2021. La crise de mai, déclenchée notamment par les tweets d’Elon Musk sur la consommation énergétique du Bitcoin, a fortement réduit le volume de transactions.

Ces “plus bas” restaient élevés par rapport à 2017

Un fait souvent oublié dans l’enthousiasme de la baisse : ces nouveaux “planchers” de juin 2021 représentaient des niveaux encore supérieurs aux frais les plus élevés jamais enregistrés lors du bull run de fin 2017. Le marché crypto avait tellement grossi que même ses creux de 2021 dépassaient les sommets de 2017.

Cela illustre un problème structurel : ces deux réseaux souffrent d’un manque de scalabilité qui se manifeste de façon cyclique. A chaque nouvelle vague d’adoption massive, les frais atteignent des niveaux qui excluent les petits utilisateurs. Les solutions de layer 2, comme Arbitrum pour Ethereum, visaient précisément à résoudre ce problème en divisant les frais par un facteur supérieur à 50.

Quelles solutions pour la scalabilité d’Ethereum ?

En juin 2021, Ethereum travaillait activement sur plusieurs axes pour réduire structurellement les frais. Le déploiement d’Arbitrum sur Uniswap représentait l’une des avancées les plus attendues : cette solution de layer 2 permet de regrouper de nombreuses transactions hors de la chaîne principale avant de les soumettre en lot, réduisant le coût unitaire de façon drastique.

EIP-1559, déployé en août 2021, a réformé le mécanisme de tarification du gas en introduisant une base fee brûlée plutôt que versée aux mineurs. Cette réforme a rendu les frais plus prévisibles, sans pour autant les réduire massivement pendant les périodes de forte demande. La véritable solution à long terme restait le passage à Ethereum 2.0 et ses mécanismes de sharding.

En 2026, les solutions layer 2 (Arbitrum, Optimism, Base) ont effectivement transformé l’expérience utilisateur sur Ethereum. Les frais sur ces réseaux se comptent en centimes de dollar pour la plupart des opérations courantes.

Questions fréquentes

Quels sont les frais de transaction Bitcoin et Ethereum en 2026 ?

Les frais Bitcoin varient fortement selon l’activité du réseau. En 2024-2025, ils ont oscillé entre 1 et 30 dollars selon les périodes, avec des pics lors de l’engouement pour les inscriptions Ordinals. Sur Ethereum layer 2 (Arbitrum, Base, Optimism), les frais courants sont inférieurs à 0,01 dollar pour une transaction simple grâce aux avancées de l’upgrade Dencun (EIP-4844) de mars 2024.

Pourquoi les frais ETH ont-ils autant baissé sur les layer 2 ?

L’EIP-4844 (Proto-Danksharding), activé en mars 2024, a introduit les “blobs” : un format de données temporaire moins cher pour les layer 2 qui permet de réduire le coût de publication des preuves sur Ethereum mainnet. Cette mise à jour a réduit les frais sur la plupart des layer 2 de 90% ou plus pratiquement du jour au lendemain.

Comment suivre les frais de transaction en temps réel ?

Etherscan propose un Gas Tracker mis à jour en temps réel pour le réseau Ethereum. Pour Bitcoin, des outils comme Mempool.space ou Bitinfocharts permettent de suivre les frais moyens et de visualiser l’état de la mempool. Ces ressources sont utiles pour choisir le bon moment pour effectuer une transaction non urgente.

Sources

Nous ajouter à vos sources préférées sur Google