Près de 300 investisseurs français auraient perdu 4 millions d’euros dans une escroquerie orchestrée par un youtubeur connu sous le pseudonyme de « Crypto Gouv », selon nos sources. L’affaire, qui remonte aux années 2021 et 2022, est présentée comme l’une des plus grosses fraudes crypto jamais recensées en France. Le principal suspect, actif sur les réseaux sociaux, a disparu avec les fonds sans laisser de trace.
Au programme
- Un préjudice total estimé à 4 millions d’euros pour environ 300 victimes, soit 13 300 € par personne en moyenne.
- Une mécanique d’escroquerie basée sur la confiance d’une chaîne YouTube suivie, mêlant formation et pig butchering.
- Un dossier qui relance le débat sur la régulation des influenceurs crypto en France.
Comment Crypto Gouv a-t-il siphonné 4 millions d’euros ?
Le youtubeur proposait un discours accessible sur l’investissement en cryptomonnaies, ciblant un public de débutants. Sa chaîne, aujourd’hui disparue, mêlait décryptages de marché, formations payantes et appels à investir dans des projets opaques. Plusieurs éléments indiquent qu’il orientait les victimes vers des plateformes peu régulées où les fonds étaient ensuite détournés.
Selon les éléments à notre disposition, le préjudice total atteint 4 millions d’euros. Le montant moyen spolié par personne dépasse 13 300 euros, ce qui situe cette affaire bien au-dessus du préjudice médian des arnaques crypto habituelles. Une fois les capitaux transférés, aucune restitution n’a été possible.
Pourquoi ce dossier est-il hors norme en France ?
Les dossiers d’escroquerie crypto dépassant quelques centaines de milliers d’euros restent rares en France. Une affaire comme celle de Circle Society, qui avait impliqué 11 millions de dollars en Bitcoin, concernait une dimension internationale. Ici, le périmètre est franco-français : victimes, suspect et comptes bancaires se trouvent tous dans l’Hexagone.
Ce type de profil rappelle les schémas de crypto-arnaque romantique où la notoriété d’un influenceur remplace la relation amoureuse comme levier de confiance. Un signal d’alerte parmi d’autres : la promesse de rendements rapides sans risque. Les intermédiaires bancaires classiques, y compris les rares établissements crypto-friendly, ont été contournés via des canaux opaques.
Quelles suites judiciaires attendre ?
La justice française serait saisie du dossier, même si les détails précis de l’enquête restent confidentiels. La gendarmerie nationale et l’Autorité des marchés financiers (AMF) surveillent de près les affaires de ce type depuis l’accélération des signalements enregistrés entre 2024 et 2026.
Le phénomène dépasse les frontières. Europol a alerté sur une arnaque crypto de plusieurs centaines de millions d’euros orchestrée depuis le continent européen. Des juridictions comme l’Indonésie, où Bali veut sévir contre les crypto-paiements, renforcent leur arsenal. La France ne fait pas exception.
À retenir
L’affaire Crypto Gouv confirme la montée en puissance des escroqueries crypto de masse en France, avec un préjudice de 4 millions d’euros pour environ 300 victimes. Le mode opératoire, centré sur la réputation d’un créateur de contenu, illustre un risque structurel peu couvert par la régulation. Les prochains mois diront si ce dossier aboutit à une condamnation pénale, ce qui créerait un précédent important pour le milieu des influenceurs crypto.
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