Grâce à la technologie Ripple, American Express et Santander UK ont lancé en 2017 un système de paiement transfrontalier interentreprises. Retour sur ce partenariat et sur la trajectoire de Ripple jusqu’en 2026.

Au programme Le partenariat historique de 2017, le rôle réel de la blockchain RippleNet, puis l’état du dossier en 2026 : issue du procès SEC, ETF XRP et virage vers les paiements en stablecoin.

Le partenariat annoncé en 2017

Le 16 novembre 2017, American Express (Amex) annonce qu’en partenariat avec Santander UK, une banque britannique détenue par le groupe espagnol Santander, elle élargit son service de paiement transfrontalier interentreprises grâce à un système de blockchain, au travers de sa filiale FX International Payments (FXIP).

FXIP s’appuie sur RippleNet, le réseau d’entreprise de Ripple, pour réduire les coûts de règlement des paiements sans carte et offrir une visibilité de bout en bout sur l’état et le coût des transactions. Le canal couvre d’abord les flux entre les États-Unis et le Royaume-Uni.

José Luis Calderón, responsable mondial de Santander Global Transaction Banking à l’époque, résumait l’objectif de cet effort conjoint.

« Nous nous efforçons de créer un écosystème de paiements internationaux répondant aux besoins des entreprises et des clients du monde entier. Cette solution ouvre un nouveau canal entre les États-Unis et le Royaume-Uni et offre d’importantes possibilités de paiement à l’échelle mondiale. »

Marc Gordon, alors vice-président directeur et chef de l’information d’Amex, décrivait l’intérêt du groupe pour ces technologies émergentes.

« American Express a une longue tradition d’intégration de nouvelles technologies dans des produits et services innovants. Cette collaboration avec Ripple et Santander représente le prochain pas en avant dans notre voyage dans la blockchain. »

RippleNet, pas le jeton XRP

Un point mérite d’être clarifié, car il a nourri de nombreuses confusions depuis. Ce partenariat reposait sur la technologie RippleNet, et non sur le jeton XRP lui-même. Aucune des deux entreprises n’a annoncé d’usage direct du crypto-actif dans les transactions.

Cette distinction reste valable en 2026. Le réseau de messagerie et de règlement de Ripple peut fonctionner sans recourir au jeton XRP, réservé à la liquidité à la demande sur certains corridors. Le partenariat de 2017 relevait donc d’un projet d’infrastructure, pas d’une adoption du token.

Aucune des parties n’a officiellement déclaré la fin de cet accord, mais aucune extension publique n’a suivi au-delà des annonces initiales. Le projet apparaît resté à un stade limité, sans déploiement de grande ampleur revendiqué par les deux groupes.

Depuis 2017 : le procès SEC qui a tout figé

À partir de décembre 2020, Ripple a été pris dans une longue bataille judiciaire avec la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine. Le régulateur accusait l’entreprise d’avoir vendu XRP comme un titre financier non enregistré. Ce litige a pesé sur tout l’écosystème pendant près de cinq ans.

En juillet 2023, la juge Analisa Torres a rendu une décision partagée : les ventes de XRP au public sur les marchés secondaires ne constituent pas des titres financiers, tandis que certaines ventes institutionnelles l’étaient. Cette nuance a structuré la suite du dossier.

Le contentieux s’est refermé en août 2025, lorsque Ripple et la SEC ont abandonné leurs appels respectifs. Ripple a réglé une pénalité d’environ 50 millions de dollars, fortement réduite par rapport aux demandes initiales du régulateur, et une injonction encadre désormais ses ventes institutionnelles directes aux États-Unis.

En 2026 : ETF XRP et virage stablecoin

La fin du procès a débloqué l’accès institutionnel. Des ETF au comptant sur XRP ont été lancés aux États-Unis fin 2025, après le règlement confirmant que le jeton n’est pas un titre sur les marchés secondaires. Plusieurs produits cumulaient environ 1,5 milliard de dollars d’encours quelques mois après leurs débuts.

En parallèle, Ripple a accéléré son virage vers les paiements en stablecoin. Son jeton adossé au dollar, RLUSD, émis notamment sur le XRP Ledger et sur Ethereum, dépassait environ 1,5 milliard de dollars en circulation début 2026. Il vise une logique de stablecoin de qualité bancaire.

L’infrastructure de paiement, elle, continue d’avancer. Ripple Payments revendique plus de 100 milliards de dollars traités sur plus de 60 marchés, et teste RLUSD pour automatiser des règlements transfrontaliers dans des bacs à sable réglementaires comme celui de Singapour.

Près de dix ans après l’annonce avec American Express et Santander, la promesse initiale s’est donc déplacée. Le règlement transfrontalier reste le cœur du projet, mais l’outil n’est plus seulement RippleNet : c’est désormais une combinaison de réseau, de stablecoin et d’accès institutionnel via les marchés régulés.

Ce qu’il faut retenir

Le partenariat de 2017 a servi de vitrine à la technologie de Ripple auprès de deux acteurs majeurs de la finance. Il portait sur l’infrastructure, pas sur le jeton, et n’a pas connu d’expansion publique notable. Pour suivre l’écosystème, la fiche XRP, la catégorie Altcoins et notre convertisseur crypto restent les meilleurs points d’entrée.

L’investissement dans les crypto-actifs présente un risque de perte en capital. Une information complémentaire auprès d’un professionnel agréé est recommandée avant toute décision.

Sources

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