La commissaire de la SEC Hester Peirce a précisé ce 22 mai 2026 que l’exemption d’innovation envisagée pour le trading d’actions en ligne ne couvrirait que les produits d’actions réellement émis sur blockchain. Les tokens synthétiques qui reproduisent le cours d’un titre sans conférer les droits d’actionnaire complets, vote et dividendes inclus, se trouveraient explicitement exclus du dispositif. Un cadrage qui redessine les contours d’un marché en pleine effervescence.
Au programme
- Peirce confirme que l’exemption SEC cible uniquement les actions onchain avec droits complets, pas les tokens synthétiques (The Defiant, mai 2026)
- Les produits sans droit de vote ni dividendes réels seraient écartés du périmètre
- Cette clarification intervient alors que la SEC a déjà accordé une exemption expérimentale à plusieurs projets DeFi, dont certains proposant des actions tokenisées
Que recouvre exactement l’exemption envisagée ?
La distinction est juridiquement précise. Une action tokenisée éligible doit représenter une participation au capital d’une société avec tous les attributs qui en découlent : droit de vote aux assemblées générales, réception des dividendes directement liés à l’action sous-jacente, et inscription effective dans les registres de l’émetteur. Ce sont les produits qui transforment une action traditionnelle en un actif natif sur blockchain, pas ceux qui se contentent d’en répliquer la valeur marchande.
Cette lecture s’inscrit dans la continuité de la position que Peirce défend depuis plusieurs années sur l’importance d’une réglementation adaptée aux innovations technologiques. La commissaire avait déjà plaidé pour un cadre laissant place à l’expérimentation tout en maintenant des garde-fous pour les investisseurs.
Pourquoi les tokens synthétiques sont-ils exclus ?
Les tokens synthétiques sont des instruments qui trackent mécaniquement le prix d’une action sans que leur détenteur n’acquière de droit dans la société émettrice. Ils fonctionnent souvent via des collatéraux ou des contrats à terme onchain, et permettent une exposition économique sans lien juridique avec l’entreprise.
Pour la SEC, ce type de produit s’apparente davantage à un dérivé financier qu’à une action. Il relève de réglementations distinctes et, surtout, ne correspond pas à l’objectif déclaré de l’exemption : permettre aux entreprises de lever des capitaux via des actions réellement émises en blockchain. Les plateformes DeFi qui proposent aujourd’hui des produits synthétiques sur actions US, plusieurs étant accessibles sans KYC, ne pourraient donc pas se prévaloir de ce cadre expérimental. La SEC avait d’ailleurs accordé une exemption ciblée sur les actions tokenisées en DeFi avec des conditions précises.
Quel impact sur le marché des actions tokenisées ?
Le marché des real-world assets (RWA) tokenisés représentait environ 8 milliards de dollars de capitalisation mi-2025, selon les données agrégées disponibles, avec une croissance soutenue portée par des projets comme Backed Finance ou Ondo Finance. La clarification de Peirce crée une segmentation nette entre 2 catégories de produits aux destins réglementaires très différents.
Les émetteurs d’actions onchain « pures », ceux qui travaillent directement avec des sociétés pour émettre des titres de capital sur blockchain, se voient offrir une voie d’expérimentation légale aux États-Unis. Les plateformes de tokens synthétiques, elles, restent dans une zone d’incertitude et devront s’appuyer sur d’autres cadres réglementaires. Cette dichotomie pourrait accélérer la consolidation du secteur autour de modèles conformes aux exigences de droits complets.
Mise en perspective La précision de Peirce n’est pas anodine dans le calendrier législatif américain. Avec le CLARITY Act en cours d’examen au Congrès et plusieurs projets pilotes de trading onchain déjà lancés par des courtiers enregistrés, la SEC cherche à poser des balises avant que le marché ne s’emballe. Exclure les synthétiques du périmètre ferme une brèche qui aurait pu transformer l’exemption en blanc-seing pour des produits à faible protection pour l’investisseur.
Et pour la France ?
En France, les actions tokenisées au sens strict restent quasi-absentes de l’offre des PSAN enregistrés. L’AMF suit les travaux de l’ESMA sur les RWA et la tokenisation d’instruments financiers, mais aucun cadre équivalent à l’exemption américaine n’est formellement envisagé à ce stade. Les tokens synthétiques sur actions, eux, relèvent déjà du régime des instruments financiers complexes selon la directive MiFID II, ce qui impose des obligations de conseil et de connaissance client auprès des prestataires.
À retenir
Hester Peirce trace une frontière nette : seules les actions réellement émises sur blockchain, avec droits de vote et dividendes intacts, pourront bénéficier de l’exemption d’innovation de la SEC. Les tokens synthétiques, malgré leur popularité sur la DeFi, restent hors périmètre. À surveiller : la formalisation de cette exemption et ses conditions d’application concrètes dans les prochains mois.
Sources
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HACKS & SÉCURITÉPamStealer vole mots de passe, keychains et wallets crypto
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HACKS & SÉCURITÉStep Finance : un hack de 21,4 M$ blanchis via Tornado Cash