Raydium concentre 1,2 milliard de dollars de TVL en 2026 et s’impose comme l’un des trois DEX les plus puissants de l’écosystème Solana, aux côtés d’Orca et Jupiter. Lancé en février 2021, ce protocole AMM hybride a bâti son avantage sur une architecture que ses concurrents ne répliquent pas : la connexion directe entre ses pools de liquidité et un carnet d’ordres on-chain. Voici ce qu’il faut savoir.

Au programme

  • Architecture hybride AMM + carnet d’ordres : pourquoi Raydium traite différemment des autres DEX
  • Frais à 0,25 % et réseau Solana à 0,0001 $ par transaction : la structure de coûts en détail
  • Token RAY, exploit de décembre 2022 et concurrence Jupiter : les risques réels du protocole

Une architecture hybride qui change tout

La plupart des DEX fonctionnent en circuit fermé : les liquidités restent dans leurs propres pools, sans connexion avec l’extérieur. Raydium a choisi une autre voie. Dès son lancement, il a intégré OpenBook, anciennement connu sous le nom Serum, un carnet d’ordres décentralisé on-chain sur Solana. Résultat : les pools Raydium ne servent pas uniquement les swaps internes, ils alimentent aussi les ordres passés sur des interfaces de type CEX qui s’appuient sur OpenBook.

Cette liquidité partagée donne aux fournisseurs de liquidité (LPs) une exposition à un volume de transactions plus large que ce que génère Raydium seul. Un LP dépose ses actifs une fois, et son capital travaille sur plusieurs fronts simultanément. La documentation officielle Raydium détaille le mécanisme de routage entre les pools standalone et le carnet d’ordres.

Concrètement, deux types de pools coexistent sur le protocole. Les pools standard, qui fonctionnent comme un AMM classique à courbe invariante, et les pools concentrés, où les LPs peuvent cibler une fourchette de prix précise pour maximiser leur rendement sur un range donné. Cette segmentation permet aux participants sophistiqués de gérer leur exposition aux pertes impermanentes avec plus de précision.

Solana rend ce modèle viable économiquement. Les frais réseau tournent autour de 0,0001 dollar par transaction, contre 5 à 50 dollars sur Ethereum L1 selon la congestion. Un trader qui arbitrage entre Raydium et un autre protocole peut le faire des dizaines de fois sans que le coût du gas ne cannibale son profit. C’est cette combinaison, architecture hybride et réseau bas coût, qui a propulsé Raydium dans le top 3 des DEX sur Solana. Pour une vue d’ensemble sur le réseau lui-même, la page Solana sur DefiLlama retrace l’évolution de la TVL du protocole depuis 2021.

Frais, token RAY et mécanique de staking

Chaque swap sur Raydium génère des frais de 0,25 %. La répartition est fixe : 0,22 % revient aux LPs proportionnellement à leur part dans le pool, et 0,03 % finance le rachat automatique de tokens RAY sur le marché. Ce mécanisme de buyback crée une pression acheteuse structurelle sur le token, indépendante du sentiment de marché.

Le RAY est le token utilitaire et de gouvernance du protocole. Sa supply totale est plafonnée à 555 millions d’unités, dont 88 % circulaient effectivement en 2026. L’ATH a été atteint à 16,85 dollars en septembre 2021, au pic de l’euphorie DeFi sur Solana. Le cours s’établit autour de 2,5 à 3 dollars en 2026, soit une valorisation très en deçà de ses sommets historiques.

Les détenteurs de RAY peuvent staker leurs tokens pour percevoir une partie des revenus du protocole et participer aux votes de gouvernance. Les décisions soumises au vote incluent notamment les ajustements de frais, les nouvelles intégrations et les allocations de trésorerie. Ce modèle positionne RAY davantage comme un titre de participation au protocole que comme un simple token spéculatif, même si la distinction reste théorique en l’absence d’un cadre réglementaire stabilisé.

Pour les investisseurs qui s’intéressent à Solana au sens large, tout savoir sur SOL constitue un préalable utile avant d’aller plus loin dans les protocoles DeFi qui s’y construisent. La santé du réseau sous-jacent conditionne directement les performances des DEX qui l’habitent.

AcceleRator : le launchpad qui a accompagné BONK et WIF

Raydium ne se limite pas aux swaps et au staking. Son module AcceleRator fonctionne comme un launchpad natif pour les nouveaux tokens Solana. Entre 2021 et 2026, plus de 100 projets ont utilisé cette infrastructure pour leur mise en circulation initiale. Parmi eux figurent des noms devenus emblématiques de la culture crypto Solana : BONK, JUP (le token de Jupiter), WIF (dogwifhat) et PENGU.

Le principe est simple. Un projet dépose ses tokens et définit les paramètres de sa vente initiale. Les participants achètent durant une fenêtre de temps limitée, puis un pool de liquidité Raydium est créé automatiquement à la clôture de l’événement. Le projet obtient sa liquidité initiale sans passer par un CEX, et Raydium capte les frais de trading dès les premières heures de cotation.

Ce positionnement sur le launchpad renforce l’attractivité de Raydium pour les traders qui cherchent à entrer tôt sur de nouveaux actifs. L’essor de nouveaux projets DeFi sur Solana a alimenté un flux constant de lancements via AcceleRator, notamment durant les phases d’euphorie mémécoin de 2023 et 2024.

La croissance de cet écosystème attire aussi d’autres types d’acteurs. MoonPay a racheté DFlow pour 100 millions de dollars en actions sur Solana, un signal que les infrastructures de routing et de liquidité sur ce réseau suscitent un appétit institutionnel réel. Raydium, en tant que couche de liquidité primaire, bénéficie indirectement de chaque arrivée de nouveau capital sur la chaîne.

Risques : l’exploit de 2022 et la concurrence Jupiter

Raydium n’est pas sans failles. En décembre 2022, un bug dans les smart contracts du protocole a permis à un attaquant d’extraire 4,4 millions de dollars de plusieurs pools. L’équipe a déployé un patch dans les heures suivant la détection, mais l’incident a rappelé que même les protocoles établis restent exposés aux vulnérabilités de code.

Cet épisode s’inscrit dans un contexte DeFi plus large où les exploits de ponts et de smart contracts ont coûté des centaines de millions de dollars sur Solana. L’attaque Wormhole reste la référence la plus douloureuse, avec 325 millions de dollars soustraits en une seule opération en 2022. Raydium a résisté à des chocs de cette ampleur, mais la confiance dans la sécurité du protocole reste un enjeu permanent.

La concurrence représente un risque structurel aussi sérieux que les bugs. Jupiter s’est imposé comme l’agrégateur dominant sur Solana et capte plus de 60 % du volume total sur la chaîne en 2026 (Jupiter Aggregator). Jupiter route les ordres vers la meilleure liquidité disponible, Raydium inclus, mais cela signifie que Raydium devient une couche d’exécution derrière un agrégateur plutôt qu’un point d’entrée direct pour les traders.

Cette dynamique dilue la visibilité de Raydium auprès des utilisateurs finaux. Un trader qui passe par Jupiter ne sait pas forcément que ses ordres passent par les pools Raydium. Le protocole reste indispensable à la liquidité de l’écosystème, mais son positionnement en front-end s’érode face à des interfaces plus complètes. Les détenteurs de RAY doivent intégrer ce déplacement du rapport de force dans leur analyse. L’arrivée de nouveaux stablecoins sur Solana, comme l’USDPT de Western Union, augmente les volumes potentiels mais profite d’abord aux agrégateurs qui consolident l’accès à ces actifs.

En résumé

Raydium entre dans 2026 avec une TVL de 1,2 milliard de dollars et un positionnement hybride que ses concurrents directs ne reproduisent pas à l’identique. Mais la montée en puissance de Jupiter comme couche d’abstraction au-dessus des DEX Solana redistribue la valeur vers les agrégateurs. Le protocole devra arbitrer entre son rôle de fournisseur de liquidité profond, rentable mais discret, et une ambition de reconquête du front-end utilisateur. Les développements attendus sur la gouvernance RAY et l’intégration de nouveaux types de pools concentrés seront les signaux à surveiller pour évaluer si Raydium consolide ou cède du terrain. Suivre les actualités Solana (SOL) reste le meilleur moyen d’anticiper les vagues de volume qui alimentent ou fragilisent ces protocoles.

Questions fréquentes

Raydium est-il sûr après l’exploit de décembre 2022 ?

L’attaque de décembre 2022 a coûté 4,4 millions de dollars avant qu’un patch soit déployé rapidement. Le protocole a continué à fonctionner et sa TVL a rebondi. Le risque smart contract n’est jamais nul en DeFi, mais Raydium a démontré une capacité de réaction rapide. Diversifier ses dépôts entre plusieurs protocoles reste la précaution standard.

Quelle différence entre utiliser Raydium directement et passer par Jupiter ?

Jupiter est un agrégateur qui compare les prix sur plusieurs DEX Solana, dont Raydium, pour offrir le meilleur taux d’exécution. Passer par Jupiter donne souvent un meilleur prix sur les gros ordres. Utiliser Raydium directement peut être suffisant sur les paires très liquides et réduit une étape de routage. Les nouveaux projets DeFi sur Solana débutent souvent sur Raydium avant d’être intégrés dans les agrégateurs.

Comment le token RAY génère-t-il de la valeur pour ses détenteurs ?

0,03 % de chaque swap finance des rachats automatiques de RAY sur le marché. Les stakers perçoivent une part des revenus du protocole et votent sur les paramètres de gouvernance. Avec 88 % de la supply en circulation sur 555 millions de tokens, la pression vendeuse liée aux déblocages est limitée en 2026.

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